Témoignage de pratique de classe

ÉDUCATION NATIONALE: POSITIVER !

Suite à la lecture de certains articles un peu « déprimants », cet écrit veut montrer que l'école prépare bien à la société de demain et elle pourrait le faire encore plus. C'est mon témoignage en tant qu'enseignante dans une classe de CM2... mais je sais que bon nombre des « amis de mon réseau pédagogique » mais aussi les collègues de mon école, en font de même. Je pense qu'il faudrait tout simplement plus médiatiser toutes nos démarches afin qu'elles soient connues de tous, qu'elles se répandent encore plus et encouragent les collègues qui n'osent pas se lancer à faire de même.

 

  1. L'école favorise la créativité.

 

Je pense qu'en renforçant des projets transversaux, l'école peut développer la créativité comme l'attestent les exemples ci-dessous.

- Nous avons commencé l'année en participant au concours de nouvelles médiévales organisé par notre communauté de communes dans le cadre d'un festival médiéval.

- Nous avons enchaîné avec une participation au festival « court-métrange » où il fallait produire un commentaire critique pour justifier son vote.

- Ainsi nous avons créé, ...enfin les élèves ont créé l'environnement de notre futur court-métrage dans le cadre du festival « Tous au cinoche ». Le sujet proposé cette année était « Sports en délire pour l'écran et les petits ».

- Les élèves ont alors inventé leur propre sport en le rédigeant à la manière d'un article wikipédia (après avoir étudié celui concernant le rugby car c'était alors la Coupe du Monde). Ils ont écrit des interviews et des portraits de joueurs

- Puis ils ont été filmés et nous en avons vu le résultat lors d'une projection dans le cadre du festival. Quelle expérience !

L'acte d'écrire prend alors tout son sens... ah oui... notre sport était totalement délirant, donc créatif... (aller attraper des nuages ; parcourir un chemin semé d'embûches ; des taupes, dont « steak haché » creusant des trous ; des rencontres avec des licornes ; échanger les nuages contre des boutons) et certains, dans le public, n'ont toujours pas compris les règles... J'espère avoir le temps de réaliser un recueil de tous ces écrits.

Après une séquence plus orientée vers le portrait afin de les faire progresser sur cette compétence, et oui, on ne fait pas que s'amuser, quoique, on travaille aussi, nous enchaînons avec un projet écriture de nouvelles policières.

En effet, dans le cadre du prix littéraire les « Mots dits » organisé par notre médiathèque, nous allons avoir la chance de rencontrer fin avril l'auteur Hubert Ben Kemoun. Nous avons donc lu ses livres... et avons écrit nos nouvelles... Bien entendu je dis « nous », mais ce sont mes élèves, vous l'aurez à nouveau compris... car je ne pense pas avoir toute cette imagination fertile qui les anime.

La rédaction de ces nouvelles policières me permet d'évaluer avec bonheur leur progrès depuis celle des nouvelles médiévales. Ils écrivent pour la majorité deux à trois feuillets A4 recto-verso ! Ils réinvestissent alors la séance sur le portrait naturellement en réalisant une présentation complète de l'enquêteur.

Nous avons également écrit en collaboration avec d'autres classes une première partie d'une autre nouvelle policière, dans le cadre d'une écriture coopérative, nouveau projet lancé avec ma collègue Romance. (#twittpolicier)

Dans ce cas, (comme dans les débats philo hebdomadaires), je me mets en retrait, prends les notes et relis régulièrement ce qui a été dit. J'ai été une fois de plus très agréablement surprise de constater comment, à eux tous, ils ont produit un superbe écrit. Ils ne faisaient « que » s'écouter et ajouter des éléments les uns aux autres. Et le résultat, il est tout simplement beau ! En tant qu'enseignante, j'ai passé aussi un excellent moment, un de plus.... je mets en évidence que ce résultat est superbe grâce à leur collaboration. Je pense qu'il faut l'exprimer pour qu'ils en prennent encore plus conscience. C'est cela aussi l'éducation à la citoyenneté, au partage, à la collaboration; verbaliser et renforcer les actes positifs réalisés

 

  1. Les erreurs permettent d'apprendre.

 

La conception pédagogique et même philosophique de l'erreur a évolué.

Il y a une vingtaine d'années, en formation à l'IUFM, il nous était enseigné qu'il fallait toujours partir des représentations initiales des élèves sans quoi un nouvel apprentissage ne pouvait se faire. L'erreur prenait déjà un nouveau « statut ».

Puis, la façon d'évaluer s'est transformée, des notes, nous sommes passés aux smileys, (essai vite « transformé » car certains se sont rendus compte que les jeunes élèves travaillaient pour faire « sourire la maîtresse ») aux couleurs qui font tant sourire (vert, jaune, orange, rouge et les intermédiaires... pour affiner une appréciation), aux abréviations (acquis, à renforcer, en cours d'acquisition, non acquis) qui permettent enfin d'évaluer des compétences et non des résultats corrects ou pas.

On sait , on l'affirme haut et fort maintenant, que nous apprenons tous de nos erreurs, quel que soit notre âge.

Les mentalités évoluent donc en la matière, même si ce n'est pas une évidence, que ce soit du côté des enseignants, des parents et même des élèves qui s'y « retrouvent » plus avec une note pour savoir s'ils ont réussi ou pas. Ces derniers sont ceux qui ont ainsi été évalués pendant leur scolarité au primaire. Ils sont déstabilisés s'ils n'ont pas de note, d'autant plus que les attentes des enseignants en matière d'apprentissage ne sont pas encore suffisamment explicites.

Concrètement, dans ma classe...

Je mets toujours des notes.... en dictée de mots pour donner le nombre d'erreurs... mais surtout afin de mesurer une évolution.

Je m'explique :

Nous avons différents types de dictées

  • la dictée de mots : le lundi, ils font une dictée initiale de 16 mots. Nous les corrigeons ensemble. La correction est un échange où les manières d'orthographier différentes sont proposées sachant que chaque proposition doit être justifiée. Le fluo souligne les particularités. Le mot devient alors une histoire à raconter, une anecdote à mémoriser... et les élèves ont une semaine pour apprendre l'orthographe correct. Je les invite à les « apprendre » tous les soirs. C'est de leur responsabilité de s'y investir. Les parents ont été prévenus lors de la réunion de rentrée, outre un mot collé dans le cahier de liaison. Il n'y a aucune surprise.

    Le lundi suivant, c'est la dictée finale de mots : celle-là est évaluée et l'erreur moins acceptée par l'enseignante (sauf dys et l'élève concerné dispose d'un ordinateur et peut utiliser le correcteur orthographique)

    Les résultats, et de la première, et de la seconde, sont notés dans un tableau individuel. L'objectif est de toujours progresser entre les deux

  • la démarche est la même en dictée réfléchie quotidienne de phrases, avec celle du vendredi qui finalise les découvertes de la semaine et qui évalue l'attention portée chaque jour, où chaque choix est justifié par écrit.

  • Elle est identique également en dictée de texte le mercredi. Cette fois, la dictée initiale, individuelle, sert de support à une dictée de groupe négociée. À l'intérieur de chaque groupe, les élèves doivent affûter leurs arguments pour convaincre les autres membres. Chaque groupe fournit ainsi un texte qui donne lieu à un palmarès. Ils sont motivés pour être les premiers... (c'est le seul procédé qui ressemble à une compétition dans ma classe)

  • et ne parlons pas de notre participation à l'opération Twictée qui, à sa manière, valorise les erreurs en leur trouvant les corrections et en les présentant dans les twoutils 

    En calcul mental, la « philosophie » est semblable. Pendant cinq à sept séances, nous travaillons une nouvelle compétence. Les notes (sur vingt) sont relevées quotidiennement. L'objectif est ici de prouver qu'avec un entraînement régulier, il est toujours possible de progresser. L'erreur est donc largement acceptée... surtout au début, quand une notion est découverte... et c'est la progression qui est évaluée et mise en valeur. Un élève qui a 20/20 dès le début n'est pas particulièrement félicité à part pour le fait qu'il maîtrise déjà la compétence. C'est surtout l'élève, passant progressivement de 3 à 8, puis dépassant le seuil de 10, enfin celui de 15, qui est valorisé dans sa progression. Cet élève-là arbore alors un superbe sourire... et il prend confiance en lui. Il sait qu'il peut se tromper, que c'est normal, et que le principal, c'est de progresser.

 

Se tromper et apprendre à son rythme. Valoriser les nouvelles acquisitions.

Dans ma classe... je souhaite proposer le plus possible des activités permettant à l'élève d'aller à son rythme. On sait qu'un fonctionnement traditionnel (oui, je sais, il en reste quelques uns...), ne permet pas de répondre aux besoins individuels des élèves, il convient aux élèves dits « moyens » (dans ce fonctionnement) : les plus lents, ceux qui n'ont jamais vu la notion, ceux qui ne savent/peuvent rester concentrés sur une écoute, ne suivront pas...les plus rapides, ceux qui connaissent déjà, qui sont « scolaires », qui ont des parents qui les « suivent » bien à la maison, s'ennuieront.

Je propose donc à tous les mêmes fiches auto-correctives (en français et en mathématiques). Ils ont comme responsabilité (et oui encore une fois, je les mets en conditions d'apprendre à être responsables de leurs apprentissages, visant une autonomie chaque jour plus développée), de faire les exercices, de se corriger seuls... Et surtout, s'ils ne comprennent pas, ils savent qu'ils doivent venir me voir. Les plus rapides travaillent à leur rythme et seront en activité autonome (oui, encore une fois, elles sont toutes prévues... projet d'arts plastiques, lectures, recopier au propre une production d'écrit ; oui, je rêve d'avoir quotidiennement des ordinateurs à disposition, mais ce n'est pas le cas, pour faire utiliser systématiquement le traitement de texte...). Ceux qui ne comprennent pas viennent donc me voir... et là, c'est magique ! Ma précédente fonction de maître E en RASED m'a bien formée en la matière. C'est magique, car je réponds à des besoins individuels. Je vois un sourire de compréhension apparaître sur les lèvres de mes élèves, je vois leurs yeux briller, je sais alors exactement quand ils ont compris . Que c'est agréable ! Si plusieurs me font part d'une même difficulté, je fais un point collectif au tableau en faisant intervenir ceux qui ont compris. Quand à celui dont les yeux ont brillé, si un autre élève n'a pas compris cette même notion, je les mets en binôme. Et les yeux du premier brillent encore plus ! Si j'ai deux ou trois élèves en même temps à venir me voir, je propose à un « rapide » d'expliquer.

Les plus rapides ne sont pas toujours ceux qui savent le mieux expliquer. Nous avons fait le constat qu'un « fort en maths » ne savait pas comment expliquer aux autres la procédure de la technique de la division à deux chiffres. C'est une élève, pour qui l'opération résistait au début, qui a su faire une brillante démonstration de toute la procédure ! Rien ne manquait !

Tous ces petits moments sont explicités en classe, sont mis en valeur. Ainsi, toutes les compétences attendues sont renforcées.

Dans la classe, les rires que l'on entend ne sont pas ceux qui « pénalisent une erreur » (et je reprends les termes de l'article) loin de là... les rires expriment la joie et la bonne humeur et ponctuent aussi les quelques « invraisemblances verbales » de la maîtresse. J'ai en effet, sous le coup de la fatigue, une fâcheuse tendance à employer un mot pour un autre... et c'est souvent drôle.

 

  1. Apprendre à travailler ensemble pour être plus forts à nous tous.

 

Je valorise très souvent les productions de groupe ou collective pour leur signifier qu'à eux tous, ils sont meilleurs que « tout seul ».

Les tables dans ma classe actuelle (classe mobile en raison de travaux) sont en « îlots ». L'espace est suffisamment grand.

Cette disposition des tables permet donc de faciliter ce fonctionnement d'activités en groupe, fait gagner du temps de mise en route.

Mes élèves travaillent en groupe pour : les dictées négociées de groupe, pour les premières recherches et lectures des données pour la future production d'écrit (voir le site de la « pédagogie agile »), pour les défis maths en résolution de problèmes, (Math'Isères), pour les activités d'informatique débranchée (nous avons la chance d'accueillir des étudiants de l'ENS qui testent de telles activités), pour les lectures documentaires et préparation des panneaux explicatifs en histoire et géographie (ma collègue s'occupe des sciences).

Oui, le travail en équipe s'apprend... en début d'année, les élèves perdent beaucoup de temps, ne savent comment se lancer, bavardent beaucoup, ne savent pas comment s'organiser.

À nous, enseignant de fournir des supports facilitant des échanges de groupes... comme un tableau à remplir avec différentes responsabilités pour chacun (médiateur de la parole, le scribe, l'observateur...) qui seront attribuées à d'autres élèves la fois suivante. Je leur propose aussi un document de lecture documentaire à remplir, ce qui permet d'anticiper sur le panneau à présenter au reste de la classe ultérieurement.

Après chaque passage de groupe, la prestation est commentée par les pairs. Le cadre est alors assez explicite pour qu'ils sachent eux-mêmes, en tant qu'observateurs, évaluer la qualité du résultat fourni. Les élèves ont appris à écouter et à s'écouter parallèlement, grâce aux débats philo, grâce aux dix minutes quotidiennes de chant choral, aux écoutes d’œuvres musicales à l'aide d'un cadre d'écoute et d'analyse, grâce aux présentations de fiches de lecture ou de l'album préféré lors de la semaine spéciale « littérature » précédant chaque vacances.

Finalement, une classe forme « un tout », les activités proposées s'enrichissent les unes par les autres et les élèves s'y retrouvent d'autant plus que les liens entre les différentes démarches leur sont explicitées.

En effet, que ce soit les élèves ou moi-même, nous observons bien les progrès dans la production du résultat final de leur activité. Ils sont de plus en plus rapides, de plus en plus pertinents dans leur exposé. Ceux qui sont à l'écoute le sont autant et posent des questions permettant aux autres de préciser plus leur pensée. Ils savent qu'il faut toujours « justifier »une réponse, c'est un mot que je leur ai appris dès le jour de la rentrée. C'est devenu comme une seconde nature, ou presque, chez eux, et autant en production qu'en écoute... ils sont toujours vigilants entre eux à ce que chacun explicite ses choix.

Lors des derniers exposés, j'avais à peine à intervenir. Les « observateurs » ont parfaitement verbalisé les aspects positifs et les lacunes. Encore une fois, j'étais très fière d'eux !

 

  1. Les enjeux de demain sont abordés quotidiennement pour ancrer les apprentissages dans le réel et le concret et répondre au centres d'intérêt et préoccupations des élèves.

 

Dans le contexte récent de la COP 21, nous avons participé dans la classe à un défi. À l'issue de l'activité proposée, les élèves ont ainsi défini un projet de classe lors d'un d'un débat philo sur le sujet. Ils ont choisi de nettoyer la cour de récréation de tous ses déchets. À tour de rôle, ils ont pris le sac poubelle et des gants... et nous avons échangé sur le sujet quotidiennement. Ils ont pris collectivement des décisions : quelle conduite tenir face à un élève qu'ils voient jeter un emballage, et s'il refuse de le ramasser à la demande ?... et comment faire pour que personne ne jette plus rien et pas seulement dans la cour ?.... Ils ont nommé leur projet « opération zéro pollution » ! Certaines enseignantes ont posé des questions à mes élèves, leur ont proposé de venir présenter l'opération dans leur classe. Mes élèves, par binôme, ont finalement présenté le projet à bon nombre de classes de l'école. Ils sont revenus très fiers à chaque fois !!! Et un élément de plus pour renforcer l'estime de soi !

En fait, les enfants ont souvent une meilleure prise de conscience que nous, adultes. Il faut surtout désormais les armer afin qu'ils puissent être acteurs du changement. Les nouveaux programmes vont y contribuer, je suis très confiante sur le sujet. Consciente des enjeux et très motivée par le contenu de ces textes, j'ai anticipé sur l'année prochaine en les appliquant dès cette année.

Ainsi, en géographie, nous devons traiter des moyens de communication dans une perspective « écologique », aborder les nouveaux moyens de transport, l'éco-mobilité....À l'issue de la projection d'un reportage, le message était clair… «avoir des projets qui font rêver (...) faire les choses complètement différemment ! » et nous l'avons développé avec les élèves.

Nous pouvons traiter ces sujets régulièrement de façon transversale. A propos des événements évoqués par la COP 21, je leur montrais quotidiennement une petite vidéo « les énergivores » en leur demandant de prendre des notes et de se relire pour corriger les erreurs éventuelles (avec les justifications écrites). Ils étaient d'autant plus motivés que le sujet était proche de leurs centres d'intérêt (car encore une fois, ils sont très soucieux de notre planète!)

Dans les nouveaux programmes, toujours en géographie, nous avons également à traiter des réseaux de communication, d'internet, des inégalités d'accès. Oui, ces nouveaux programmes permettent de répondre à la problématique « enjeux de demain »

J'entends les inquiétudes des collègues... « pendant ce temps, on ne fait pas de géographie physique »...

À nous, enseignants de nous adapter, (ce qui mène à la problématique suivante, point 5) et d'introduire dans ce nouveau cadre des contenus plus liés à des « connaissances traditionnelles ».

Évoquer les enjeux du transport maritime nous a permis de visualiser et de mieux comprendre les trajets fréquents, les lieux géographiques stratégiques comme les ports et les canaux de Suez ou de Panama. La mémorisation se fera mieux dans ce cadre selon moi.

 

  1. Le système scolaire favorise le développement de la réactivité et de la créativité.

 

Dans ma classe où je multiplie les modalités de fonctionnement, je vois des élèves « rapides » ne pas savoir expliquer leur démarche ou ne pas savoir argumenter un choix orthographique qui permettrait à leur groupe de faire moins d'erreurs. Je vois des élèves « rapides » être incapables de se lancer dans une production d'écrit, totalement inhibés par la page blanche. Je vois d'autres qui ne réussissent pas à s'investir dans une production de groupe... Mais je vois aussi des élèves plus « lents » qui s'investissent avec joie dans une recherche documentaire, des élèves qui ont du mal à s'exprimer à l'écrit faire un beau compte-rendu à l'oral d'un reportage et faire preuve de réflexions pertinentes.

Donc en effet, il est primordial dans le système scolaire de diversifier les activités, les supports, les organisations... de développer une pédagogie de projets.

De mon expérience en RASED, j'ai retenu une idée essentielle : développer la mobilité de pensée des élèves. C'est ainsi que chaque idée, chaque proposition est accueillie et entendue dès lors qu'elle est justifiée. De la même façon, la question « qui a fait autrement ? » est toujours posée.

En agissant ainsi, outre le fait de favoriser l'estime de soi de chacun de mes élèves, je vise une philosophie de vie ultérieure où chaque avis peut être entendu et respecté.

 

  1. La connaissance est heuristique, transversale et holistique.

 

Dans ma classe, outre les différentes façons de découvrir et d'apprendre déjà évoquées ci-dessus, les élèves abordent les sujets en histoire et en géographie en découverte autonome de documents. Je leur sélectionne des supports divers qu'ils vont découvrir en groupe grâce à une fiche de lecture documentaire, élaborée selon la taxonomie de Bloom. Ils ont ainsi une lecture active de documents divers (textes, tableaux, graphiques, articles, cartes…) en répondant aux questions de la fiche de lecture. Ensuite, ils préparent un panneau qui leur servira de support pour un exposé de leur sujet au reste de la classe. Ils préparent également un questionnaire (double fonction pour valider les acquisitions, et pour eux, et pour les autres élèves) afin de vérifier l'écoute, la compréhension et la rétention des informations ainsi fournies. Tous ensemble, ils évaluent alors la qualité de la présentation et ils témoignent à cette occasion d'un excellent jugement critique, autant pour montrer les manques que les aspects positifs. Ils retiennent ainsi de nouveaux critères pour une réalisation plus appropriée qu'ils utiliseront la fois suivante. Ils apprennent ainsi les uns des autres. À la suite des exposés, je leur présente également des vidéos documentaires qui confortent et/ou complètent ces nouvelles acquisitions. Ils prennent des notes, sous forme de schéma heuristique s'ils le souhaitent. Nous faisons alors un bilan final avant de distribuer un document écrit élaboré ainsi conjointement qui constitue la mémoire de la séquence écoulée.

 

Mes élèves, outre la connaissance en tant que telle, apprennent à la découvrir seuls en apprenant à comprendre des documents divers, et ce à plusieurs… Je privilégie autant la manière d'y accéder que le résultat final. Car les compétences acquises progressivement pour accéder à la connaissance sont transférables quel que soit le domaine, quel que soient l'âge ou le niveau d'étude.

J'aimerais satisfaire et développer leur curiosité, leur donner le goût de la découverte et de l'apprentissage, indispensables pour leur vie quotidienne et leur avenir.

 

Je souhaitais enfin évoquer tout ce qui concerne les intelligences intra et inter-personnelles (intelligences multiples sur Wikipédia).

J'écrivais donc plus haut que dès le jour de la rentrée, nous apprenions le mot « justifier » pour toujours exprimer et développer au mieux sa pensée.

Nous écoutons un extrait de musique classique chaque semaine. Ils remplissent alors des cadres « ce que j'entends, ce à quoi ça me fait penser et ce que je ressens ». Ce que je ressens…. Il m'est arrivé d'avoir la chair de poule tellement, et ce de plus en plus, ils mettent des mots exacts sur la musique jusqu'à en deviner le sujet ou ce que voulait exprimer le compositeur.

À l'issue de chaque méditation quotidienne, ils peuvent aussi exprimer librement ce qu'ils ont ressenti.

 

Enfin, nous avons également deux rituels dans notre classe.

Tous les matins, nous commençons par chanter dix minutes (cette année, sur le répertoire, entre autre, de « La Mécanique du cœur », car un certain nombre d'élèves de CM2 volontaires vont participer à une représentation avec les collégiens de cinq établissements). Là encore c'est apprendre à s'écouter et à agir collectivement.

Et en soirée, nous ouvrons notre « boîte à bonheurs ». Nous y avons écrit à volonté des messages pour exprimer nos petits et grands bonheurs. Nous exprimons et renforçons ainsi tous nos sentiments positifs. Et nous quittons ainsi l'école avec la hâte d'y revenir le lendemain !

 

En conclusion, je pense que ma pratique pédagogique n'est pas isolée. J'invite tous mes collègues, qui s'y reconnaîtront, à prendre leur clavier et leur souris. À nous tous, nous modifierons ainsi le regard porté parfois de façon caricaturale sur l'Éducation Nationale et obtiendrons une juste reconnaissance de notre système éducatif et de ceux qui y travaillent. L'institution n'attend que nous tous !

 

Caroline Coudé

PS: j'ai écrit le texte précédent suite à la lecture de : https://medium.com/ticket-for-change/6-raisons-qui-prouvent-que-l-%C3%A9cole-d-aujourd-hui-ne-nous-pr%C3%A9pare-pas-%C3%A0-la-soci%C3%A9t%C3%A9-de-demain-84dceec63316#.cmbygg40o

Caroline Mardi 17 mai 2016 à 14h33 | | témoignages

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